Attentat de Conflans : l’assassin avait fréquenté un club de lutte au passé trouble

De nombreuses zones d’ombre demeurent dans le parcours personnel d’Abdoullakh Anzorov, ce jeune homme de 18 ans d’origine tchétchène qui a assassiné vendredi 16 octobre Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Sa radicalisation, notamment, interroge. A Evreux (Eure) où réside une partie de la famille Anzorov, dont les parents de l’auteur de l’attentat, les voisins n’avaient rien décelé à ce sujet, même si le côté sombre du jeune homme en inquiétait certains.

Ses proches assurent n’avoir rien vu venir non plus. « Je ne comprends pas, il a dû se faire piéger sur Internet et tomber dans la religion », nous confie ce dimanche un oncle paternel du terroriste, abattu par la police vendredi à Eragny-sur-Oise (Val-d’Oise) peu après l’attaque.

Selon nos informations, Abdoullakh Anzorov, qui s’était mis à la boxe récemment, était licencié au sein du club de lutte de Toulouse en 2018-2019. Une association sportive justement dans le viseur de l’Etat et des services de renseignement pour son communautarisme exacerbé. Prières durant les séances, refus de mixité, halal imposé : la proximité avec la mouvance islamiste qui régnait dans ce club avait d’ailleurs été exposée par un reportage de France Télévisions.

« Il est toujours difficile de se rendre compte lorsque ça bascule, mais depuis nous avons travaillé pour remettre la structure en bon état de marche parce qu’il y avait de nombreux problèmes, reconnaît Alain Bertholom, le président de la Fédération française de lutte. Nous avons professionnalisé l’association et nous y avons mis en place un plan de féminisation. »

Placée sous la tutelle du comité régional, le club de lutte de Toulouse a changé de nom. « Mais les pratiquants qui étaient là en 2016 ou 2017 sont toujours au club, et si c’est assaini quand on passe les portes du gymnase, le climat autour reste inquiétant », témoigne un membre de ce club qui préfère conserver l’anonymat.

Adboullakh Anzorov, lui, aurait été écarté du club un peu avant la fin de la saison. « Il n’était pas assez assidu ou ponctuel, mais difficile de savoir pourquoi », reprend ce même membre du club, qui compte désormais un peu plus de 160 licenciés, contre une cinquantaine voici cinq ans. Huit nationalités cohabitent, mais la moitié des adhérents sont Tchétchènes. «

C’est leur sport national là-bas, ils sont majoritaires dans de nombreuses associations de lutte en France, et si on ne leur explique pas qu’en France on ne parle ni politique ni religion dans un club, ils font comme ils ont l’habitude de faire dans leur pays d’origine, mais sans aucune malveillance, note Didier Brisot, le responsable de la ligue d’Occitanie de lutte. Et rien ne peut permettre de dire que c’est ici qu’Abdoullakh Anzorov s’est radicalisé. »

« C’est tout le problème justement, parfois on ne voit rien, mais surtout, souvent de nombreux dirigeants se sentent impuissants ou n’osent rien dire, assure Patrick Karam, le vice-président (Libre) en charge des sports à la région Ile-de-France, qui est confronté à ce type de dérives et auteur d’un ouvrage sur la question.

Egalement inspecteur général au ministère des Sports, il ajoute : « Les contrôles ne permettent plus de remarquer les dérives, car elles sont maquillées, camouflées, désormais, surtout dans les clubs qui se savent dans le viseur. »

A Toulouse désormais, Islam Askhabov, ex-entraîneur, est en charge de la destinée d’une structure « remise dans le droit chemin », selon Alain Bertholom.

Source: https://news.google.com/__i/rss/rd/articles/CBMijwFodHRwczovL3d3dy5sZXBhcmlzaWVuLmZyL2ZhaXRzLWRpdmVycy9hdHRlbnRhdC1kZS1jb25mbGFucy1sLWFzc2Fzc2luLWF2YWl0LWZyZXF1ZW50ZS11bi1jbHViLWRlLWx1dHRlLWF1LXBhc3NlLXRyb3VibGUtMTgtMTAtMjAyMC04NDAzODM5LnBocNIBAA?oc=5

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