Covid-19 : les leçons de l’Allemagne

Le dessin d’Angela Merkel en mère fouettarde fait la Une de l’hebdomadaire Spiegel. La chancelière, qui fête aujourd’hui ses quinze ans à la tête de l’Allemagne, bénéficie d’une côte de popularité toujours exceptionnelle : 74 % d’opinions favorables. Sans devoir penser à sa réélection, elle a les mains libres pour guider le pays dans sa quatrième crise (financière, de l’Euro, des réfugiés et sanitaire). « Elle bénéficie du réflexe de refuge que cherche la population auprès de l’exécutif dans ce genre de crise », note la politologue Andrea Römmele.

Mais, au-delà, elle semble taillée pour assumer sa fonction face au virus : son profil de scientifique, sa capacité à expliquer clairement et succinctement la situation sanitaire, et à arbitrer les débats – quitte à accepter que le compromis soit décevant à ses yeux – l’ont remise en selle. Sous l’effet du virus, elle a muté. La « Mutti » (maman) protectrice a sorti le balai fouetteur du placard, promettant un « rude hiver » à ses concitoyens. À l’occasion de son dernier mandat, la chancelière éprouve les limites du fédéralisme. Son ministre de la Santé doit se cantonner à un rôle de coordination et ses décisions sont soumises à l’approbation des présidents de Région, détenteurs du pouvoir de l’application des mesures sanitaires.

L’article du Spiegel dévoile cette semaine les dessous des vidéo-conférences avec les « barons de province ». Certains jouent à Candy Crush ou lui rétorquent qu’ils ne sont « pas au service de sa chancellerie » : Angela Merkel a déjà menacé de couper la communication. Sa dernière volonté d’imposer à chaque famille de ne fréquenter qu’une seule autre a été retoquée. « Cela montre que le fédéralisme est vivant ! », analyse le politologue Gero Neugebauer. « Les mesures peuvent être différentes de ville en ville, parfois même selon les quartiers, et c’est une condition pour que l’acceptation de la nécessité des mesures soit meilleure ».

Les décisions souvent strictes (obligation du port du masque, deux mètres de distance et 10 m² pour chaque client dans les magasins) s’accompagnent d’un équilibre dans leur application : hormis quelques districts où les infections montaient en flèche, la liberté de circuler a toujours été totalement préservée, sans attestation.

« Il est ancré dans la société allemande l’idée qu’à partir du moment où j’exerce mes libertés, j’exerce en même temps mes responsabilités vis-à-vis de la collectivité », éclaire Isabelle Bourgeois, chercheuse au centre de recherches sur l’Allemagne contemporaine, citée dans 20 Minutes. « L’Allemagne est une société construite sur la confiance et le contrat moral entre individus. Ils se font confiance pour réussir collectivement, là où en France on va se dire : « Ces mesures ne marcheront pas parce que mon voisin ne la respectera pas » ».

Une confiance renforcée par un bon bilan provisoire. Selon les statistiques de l’université John-Hopkins, 914 118 Allemands ont été infectés par le covid et 13 918 en sont décédés contre 2 160 343 contaminations et 48 341décès en France. Explication fournie par le virologue Christian Drosten dans Die Zeit : « Nous avons jusqu’à présent pu faire mieux car nous avons rapidement réagi et parce que, plus que n’importe où, une grande confiance règne entre la société, les politiques et les experts ». L’Allemagne entend conserver cet avantage en anticipant l’arrivée du ou des vaccins. À Berlin, les six centres d’injection prévus, dont certains pourront accueillir 20 000 patients par jour, sont déjà en plein préparatifs. Un plan de vaccination auquel souscrivent, selon un sondage Deutschlandtrend, 93 % des Allemands.

Une civilisation différente, des règles d’éducation plus strictes et un sens communautaire plus développé: cela fabrique des individus plus responsables, et l’éducation est évidemment au cœur de cette problématique.
Après 1968 notamment, l’éducation nationale française a été une fabrique de la déresponsabilisation. Tolérances, contournement des règles, arrangements toujours possibles avec les principes, refus de toute forme d’encadrement, de discipline, de règles et de sélection: la fabrique du crétin à tourné jusqu’à la surchauffe.
J’ai passé plus de 35 ans au cœur de ce système et j’ai vu comment ça fonctionnait : celui qui violait la règle avait toujours des oreilles adultes complaisantes, et bénéficiait toujours d’arrangements, de sursis, d’absolution ou d’excuses. Les excuses idéologiques étaient parmi les favorites: ce n’est pas de sa faute, c’est de la faute de la société, c’est de la faute des inégalités, c’est une victime.
Le culte de l’excuse et la victimisation sont vraiment une machine à fabriquer de l’irresponsable et la France en regorge actuellement. Aussi longtemps que l’irresponsabilité véhiculée et distillée par l’éducation nationale n’est pas éradiquée, la société française restera dans le même état déplorable.

Tout est dit dans la phrase:A partir du moment ou j’exerce ma liberté, j’exerce en même temps mes responsabilités vis a vis de la collectivité!!!!!!
En France on voit des images à la TV de personnes qui manifestent contre le projet de loi sur les libertés.FILMEES sans masques!!! Comment peut on laisser faire ca????
Ca s’appelle de la discilpline?? un manque de respect pour les hôpitaux

Même si je suis globalement d’accord quand à l’analyse des différentes mentalités,
je trouve que c’est aller un peu vite que d’attribuer aux mesures sanitaires mises en place dans ce pays le taux de Covid plus faible que dans le nôtre. Ces mesures n’ont jamais été bien différentes des nôtres et ce ne sont pas les preuves qui manquent.
D’ailleurs l’Allemagne subit actuellement une 2eme vague qui est deux fois plus importante que la 1ere et qui n’aurait simplement pas eu lieu si leurs mesures avaient été à la hauteur du problème.
Des analyses ultérieures expliqueront peut-être ces différences dans la propagation du virus.
Et enfin croire que les mesures auraient été plus acceptées en France si elles avaient été régionales est une erreur pour les même raisons expliquées dans l’article. Nous avons vu récemment des exemples de décisions locales, communales ou préfectorales, mais pas mieux acceptées pour autant. L’explication se trouve dans l’article.
L’Allemagne pourrait faire la différence grâce aux taux de vaccination dans la population favorable au vaccin. Les Allemands gagne toujours à la fin !

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Source: https://www.letelegramme.fr/monde/covid-19-les-lecons-de-l-allemagne-22-11-2020-12660198.php

Angela Merkel, Germany, Chancellor of Germany, Christian Democratic Union of Germany, CDU/CSU

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