Ce soir vers 23 heures, le vol Alitalia AZ 1586 en provenance de Cagliari, en Sardaigne, atterrira pour la dernière fois sur le tarmac de l’aéroport de Fiumicino à Rome. Et à bord : les derniers passagers d’une compagnie aérienne mythique qui sillonne le ciel italien depuis près de 75 ans. Désormais, poussée à la faillite par des déficits historiques, l’entreprise doit définitivement fermer.

Au milieu de la nuit, une feuille de l’histoire de l’Italie se tourne. Une publicité qui suscite des réactions mitigées dans la rue comme sur les réseaux sociaux. A cette occasion, un Vénitien a immortalisé avec émotion son dernier départ dans la Sérénissime lorsqu’un internaute a pris le temps de remercier Alitalia de l’avoir accompagnée “à vie” lors de déplacements professionnels. Il y a un mois, le pape François a également dû dire au revoir aux avions de la compagnie italienne, qui pendant près de 60 ans sur des centaines de vols pontificaux avaient quatre héritiers des années 1960 jusqu’au dernier voyage du Saint-Père en Slovaquie en septembre de l’année dernière.

Mais quand le rideau tombe, tout le monde ne pleure pas. En effet, de nombreux Italiens sont soulagés que ce « gouffre sans fond » qui « dévore l’argent du pays » depuis des années soit enfin condamné, comme on peut le lire sur Twitter. Près de 13 milliards d’euros versés par l’Etat transalpin en moins de cinquante ans, selon le Corriere. En effet, après un démarrage spectaculaire dans l’Italie d’après-guerre jusqu’aux années 1980 (Alitalia, n°3 des compagnies européennes derrière Lufthansa et British Airways, transportait à l’époque 10 millions de passagers par an), la société accusait le coup de la libéralisation du trafic aérien , connaît ses premières turbulences.

A partir des années 1990, « avec l’ouverture du secteur à la concurrence, Alitalia n’arrivait pas à comprendre comment fonctionnait le marché. Par exemple, elle n’a pas su investir sur les routes long-courriers, et c’est alors que la compagnie a commencé à perdre de l’argent (…) Leoni Bruno et spécialiste de l’aviation.

Alitalia c’est aussi l’histoire de grands échecs économiques tels comme le mariage raté avec le géant néerlandais KLM. Puis le veto de Berlusconi contre le rachat du groupe par AirFrance, le cavalier craignait à l’époque que les touristes se détournent des “villes d’art italiennes” au profit des “châteaux de la Loire”. La privatisation partielle (à partir de 1996) puis dans son ensemble du vaisseau amiral transalpin ne permettra pas de freiner le marasme financier, bien au contraire : début 2017, lorsque la compagnie perd 100 millions d’euros par mois, Alitalia sera placée sous régulation particulière. de l’administration publique, il s’appliquera jusqu’à son exclusion définitive Ne partez jamais ce jeudi.

Mais le ciel italien ne restera pas immobile bien longtemps. A l’aube de vendredi matin, Italia Trasporto Aereo (ITA), la nouvelle compagnie aérienne publique née des cendres d’Alitalia, reprendra le flambeau. Mais avec des ambitions limitées, prévient la nouvelle direction. Financée aujourd’hui par Rome à hauteur de 700 millions d’euros, la dernière industrie aéronautique italienne n’a pour l’instant pu maintenir en fuite que 2 700 des 11 000 salariés de l’entreprise. Et déjà la fronde sociale guette.

Sur le tarmac, ITA ne compte qu’une cinquantaine d’appareils (qui devraient doubler d’ici 2025), desservant 45 destinations, majoritairement européennes, à l’exception de quelques liaisons long-courriers, par heure. Le début sera “très compliqué”, prédit l’analyste Andrea Giuricin. « Par rapport à Alitalia, Ita est désormais une compagnie beaucoup plus petite qui peut difficilement rivaliser avec les grands opérateurs européens comme KLM, Air France ou les Britanniques (…) Et sur le marché domestique à bas coûts elle est déjà très forte et très agressive. , avec des prix, avec lesquels vous ne pouvez pas rivaliser, je pense qu’ils sont trop tard”.
Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets…

Si je me souviens bien, je lis depuis une dizaine d’années des articles sur la gestion d’Alitalia “par les syndicats” sans trop me soucier du marché.
Cela pourrait expliquer cela malgré la privatisation.

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