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Laure Croiset

le 26 août 2021 à 10h58

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Selon le rapport “Digital : Sexisme en liberté” publié jeudi 26 août, près de 35% des vidéos publiées sur Internet montrent une image dégradante de la femme.

Le résultat d’une mission conjointe entre le Certificat Egalité des femmes et des hommes et des politiques publiques de Sciences-Po Paris et de la Fondation des Femmes, le rapport “Digital : Sexisme en liberté, la représentation des femmes dans les vidéos les plus regardées sur Youtube”* a publié ses résultats ce jeudi , 26 août. Et les résultats sont édifiants.

Deux ans après avoir réalisé une première étude au CSA pour analyser l’image des femmes dans le secteur numérique, Sylvie Pierre-Brossolette constate “une aggravation due aux différentes peines d’emprisonnement en 2020” . Pourtant, selon la membre de la Fondation des femmes et présidente du Comité de pilotage de la Cité Audacieuse, « les violences verbales, psychologiques et même physiques communiquées sur Internet sont le fondement des violences faites aux femmes ». Dans ce contexte, “c’est vraiment la mission de la Fondation des Femmes de clarifier le sujet. Et d’ajouter l’image de la femme aux deux sujets déjà réglementés sur Internet, à savoir la haine en ligne et la protection des mineurs.”

« Remarquable à propos de cette étude est la permanence et la détérioration d’une situation dans laquelle l’image des femmes dans le secteur numérique dans les vidéos les plus regardées est fortement façonnée par le sexisme et les mots ou séquences à leur égard et du côté des hommes sont dégradant la manifestation prédominante d’une masculinité qui est toujours la violence verbale, physique ou psychologique », explique Sylvie Pierre-Brossolette. « La combinaison des deux ouvre la voie à la violence que nous voyons, qui peut s’étendre aux féminicides. Il est impératif que nous réussissions à faire entrer l’image de la femme dans le champ de la régulation dans le monde numérique. Nous proposons toute la gamme.» D’instruments. pour améliorer la situation. Nous ne sommes pas satisfaits de l’observation, nous proposons des remèdes. “

Premier constat, la présence écrasante des premiers rôles masculins dans les vidéos diffusées sur la période 2019/2020 avec 62,1% d’hommes et 16,3% de femmes. En cumulant tous les rôles, rôles principaux et seconds rôles, les hommes 42,7% des le people représentait pour 17,15% des femmes Une tendance comparable au CSA : Sur la période 2017-2018, 27% des rôles principaux étaient occupés par des femmes pour 73% par des hommes Etat des accompagnements lascifs, naïfs voire sentimentaux ‘ réduites”, souligne Sylvie Pierre-Brossolette. “Elles n’ont ni un rôle moteur ni un rôle valorisant, alors que les hommes sont machos, virils et font face facilement à la violence. Cela crée une vision déformée et hideuse de la société et des modèles sociaux de relations hommes/femmes. “.

Entre 2019 et 2020, ce rapport constate également une augmentation de plus de 10% des stéréotypes de genre, avec 62,4% de contenus stéréotypés pour 2019 contre 74,7% pour 2020. Les stéréotypes féminins ont une connotation négative (Sentimentalité et achetabilité) , alors que les stéréotypes masculins ont un sens négatif associé à des valeurs positives (pouvoir et courage). Sylvie Pierre-Brossolette observe : « Pour les hommes ça vaut toujours la peine et pour les femmes. sentimentale” mentionnée dans 15% des vidéos, suivie de la poupée avec 13%, la séductrice avec 12,5%, l’achetable avec 8,5% et la maternelle avec 1% est la moins présente.</34,7% des vidéos diffusées entre 2019 et 2020 montrent une image humiliante de la femme contre 15,5 % sur la période 2017/2018. Ceci est principalement dû à la formation d'une écaille dans les dégâts observés Pour pouvoir l'évaluer plus précisément, une échelle a été créée pour mesurer l'intensité », explique ce rapport. Les catégories retenues étaient indifférentes, méprisantes, dégradantes et dégradantes. Et force est de constater qu'en 2019 30% des contenus portaient une image dégradante de la femme, en 2020 38%. Sachant que l'image dégradante correspond à la dimension d'objectivation et de dégradation la plus violente, si le contenu contient des éléments de violences sexuelles et sexistes notamment.

Partant de ce constat, le rapport propose plusieurs pistes de réflexion. Sachant que la réponse la plus claire et la plus forte serait une réponse législative, à travers une nouvelle loi qui confierait la régulation de l’image de la femme au CSA. “La France pourrait montrer l’exemple et espérer que l’Europe suivra”, a déclaré Sylvie Pierre-Brossolette. Une autre idée est la mise en place d’une conditionnalité égale pour les œuvres diffusées sur Internet, la mise en place d’un code de conduite ou encore l’autorégulation des GAFAM. “Notre idée est qu’avec ce rapport et ces propositions nous avons suffisamment d’arguments pour alerter les autorités, le parlement, le gouvernement et les associations à se saisir de cette question et réfléchir à la manière dont nous pouvons procéder sur ce point.” . Plus on a d’éléments sur la table, plus le débat entre les autorités et les plateformes est facile », explique Sylvie Pierre-Brossolette, qui a publié en septembre un rapport sur les stéréotypes dans la presse écrite dans le cadre de ses fonctions de présidente de l’Anti- Commission Stéréotypes au HCE – Haut Conseil à l’Égalité.

* Méthodologie de l’étude : Cette étude comprend les 200 articles les plus vus sur YouTube en France en 2019 – 100 articles – et 2020 – 100 articles. YouTube a été choisi pour cette étude parce qu’il est non seulement le site Web fournissant du contenu vidéo de référence depuis 2005, c’est aussi la plate-forme la plus visitée chez les 15-24 ans et la deuxième plate-forme la plus visitée de tous les groupes d’âge, selon Médiamétrie. en France. Wizdeo a envoyé les contenus les plus consultés sur la période sélectionnée à la Chaire Entrepreneuriat Féminin de Sciences Po. Chaque contenu a été examiné à l’aide d’une quinzaine de questions déjà posées dans l’étude CSA 2018.

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