Il est né le 2 Né en avril 1928 à Djerba, Tunisie sous protectorat français, il fut le seul étudiant africain à rejoindre HEC à Paris en 1947. A la fin de ses études, il fut impliqué dans le mouvement indépendantiste tunisien au sein du Néo Destour d’Habib Bourguiba, dont le bras droit et confident il est devenu En 1954, il fait partie de la délégation tunisienne qui négocie avec le président du Conseil français, Pierre Mendès France, sur l’autonomie interne puis sur l’indépendance

Bourguiba lui confie le portefeuille de l’information en 1956. À 28 ans, Béchir Ben Yahmed devient le plus jeune ministre du premier gouvernement de la Tunisie indépendante, et en 1957 il rompt avec ce dernier, qu’il accuse d’être autoritaire en afin de s’engager dans le journalisme passion à vie

Il se rend à Cuba, où il rencontre Che Guevara, puis au Vietnam, où Ho Chi Minh et Pham Van Dong prédisent leur victoire sur le géant américain Peu de temps après, il fonde l’hebdomadaire L’Action, qu’il rebaptise Jeune Afrique en 1961 Afin d’obtenir les moyens de son indépendance, il décide en 1962 de quitter Tunis pour Rome et deux ans plus tard à Paris, où le groupe est toujours implanté

Bashir Ben Yahmed, figure respectée du monde des médias, a contribué à faire du journal la voix de l’Afrique sur la scène internationale. Jeune Afrique a été fondée pour soutenir le mouvement d’émancipation des peuples qui ont accédé à l’indépendance au début des années 1960. Elle a pris une part active à toutes les luttes qui ont façonné l’histoire du continent depuis lors: contre les partis uniques et pour la démocratisation aux États-Unis dans les années 70-80, pour l’indépendance économique dans les années 90-2000 et pour l’inclusion de l’Afrique dans la mondialisation dans les années 2000-2020

Le groupe qu’il a fondé est vu comme un défi dès le départ et fête cette année ses 60 ans comme une véritable école de journalisme, où Frantz Fanon, Kateb Yacine et, plus récemment, les prix Goncourt Amin Maalouf et Leïla Slimani ont passé, “JA” a façonné des générations de lecteurs. Son influence a même le label “Afrikas 55 État “introduit A travers ses positions, notamment dans sa célèbre chronique «What I Believe», Bashir Ben Yahmed a influencé plusieurs générations d’étudiants et de personnalités qui ont façonné le destin de l’Afrique

Béchir Ben Yahmed, témoin privilégié de tous les bouleversements en Afrique et au Moyen-Orient, observateur et chroniqueur dévoué, a travaillé avec des personnalités du continent tout au long de sa carrière: l’Égyptien Nasser, le Ghanéen Nkrumah, le Congolais Patrice Lumumba, les dirigeants du FLN (et futurs présidents algériens) Ben Bella, Boumédiène et Bouteflika, le sénégalais Senghor, l’ivoirien Houphouët-Boigny, le marocain Hassan II

Au fil des années, un groupe s’est formé autour de l’hebdomadaire Jeune Afrique, qui s’est élargi pour inclure d’autres titres, des newsletters, un éditeur, un service d’organisation d’événements et bien sûr des sites d’information en ligne

À la fin des années 2000, Bashir Ben Yahmed a remis les rênes du groupe à ses fils Amir et Marwane, ainsi qu’au rédacteur en chef de la maison d’édition François Soudan Group fondée

Toujours passionné par l’actualité, il a démarré un nouveau projet en 2003, La Revue, un magazine qui traitait de l’actualité internationale (plutôt qu’africaine) qui sortait mensuellement pendant plusieurs années avant de devenir bimestriel

A l’heure où le débat sur la pensée et les identités décoloniales bat son plein, Jeune Afrique continuera à mener les batailles de son fondateur, un défenseur passionné d’une Afrique souveraine innovante et reconnue dans le monde à sa juste valeur

JA News – Décès de Béchir Ben Yahmed, fondateur de Jeune Afrique – YECLOcom

Ref.: https://www.ivoiresoir.net/deces-de-bechir-ben-yahmed-fondateur-de-jeune-afrique/