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Qui est le shérif Tiraspol, le petit poucet de la Ligue des champions

Astana en 2016, Qarabağ en 2018 ou encore Midtjylland en 2021, la Ligue des Champions a toujours su raconter les grandes histoires avec ses petits pouces. Au moins maintenant, le shérif Tiraspol écrit la plus belle page de son histoire. Fondé en 1997, six ans après l’indépendance de la Moldavie, le shérif Tiraspol est rapidement devenu le porte-drapeau de son pays. Depuis son premier sacre en 2001, le club jaune-noir remportera 19 titres qui n’arriveront qu’à côté de l’édition 2010/2011. Suprématie totale sur le football moldave pour une équipe qui ne prétend pas en être une.

Le shérif, basé à Tiraspol au milieu de la Transnistrie, est l’un des meilleurs ambassadeurs de cette région russophone de 4 200 km2, qui s’est proclamée son indépendance en 1991, mais n’est pas reconnu par l’ONU. Avec son propre système avec une constitution, une monnaie ou un président, depuis 2016 au plus tard, Vadim Krasnoselsky, la Transnistrie a une étiquette assez sombre qui lui est souvent associée. Une région souvent attribuée au hub mafieux d’Europe de l’Est abrite de nombreuses activités commerciales (alcool, drogue, armes, sexe, etc.). Par ailleurs, la Transnistrie est aussi un moyen pour la Russie d’assurer le contrôle diplomatique de la Moldavie, car elle dispose d’hommes armés dans cette zone, où la population est répartie à 1/3 de Russes, 1/3 de Moldaves et 1/3 d’Ukrainiens.

Un contexte régional assez particulier pour le shérif Tiraspol, dont les liens avec le gouvernement de Transnistrie sont encore très étroits. Le club appartient également à la holding “Sheriff Company”, qui a été fondée le 23 juin 1993 par Viktor Gushan et Ilya Kazmaly, deux anciens agents du KGB. Véritable géant économique de la région, ce groupe occupe une place prépondérante dans le secteur pétrolier, dans la grande distribution, dans les médias et dans divers services. Le président du club, Viktor Gushan, joue également un rôle central en Transnistrie et, avec la domination du shérif sur la scène nationale, il participe au renforcement du « soft power indépendantiste » de la région. Jusqu’à présent aux yeux des fans de football à travers l’Europe.

Le shérif Tiraspol est entré pour la première fois dans les tours préliminaires de la Ligue Europa en 2000 et en Ligue des champions en 2002. A chaque passage au premier tour avant de s’incliner au second, le club jaune-noir a fait un premier grand pas en 2009/2010 en se qualifiant pour les play-offs après l’élimination de l’Inter Turku et du Slavia Prague, qui a échoué mais à Olympiacos. L’histoire se répète la saison suivante, mais cette fois, Bâle fait office de bourreau. Le club dispute les deux matches de la Ligue Europa et échouera en phase de groupes. Depuis, les expériences européennes ont été nombreuses, mais ont souvent échoué. On se souvient d’une confrontation contre un club français, l’Olympique de Marseille, avec une défaite aux barrages de la Ligue Europa 2012/2013.

Pas forcément à prévoir pour cette année de Ligue des champions 2021/2022, a surpris le shérif Tiraspol Tout le monde. Logiquement, le club albanais Teuta Durrës (1-0/4-0) puis Alashkert (3-1/1-0), le club transnistrien devient plus impressionnant face à l’Etoile Rouge de Belgrade en s’ (1 -0/1 – 1). Qualifié pour les barrages de la Ligue des champions pour la troisième fois de son histoire, le shérif Tiraspol frappera fort avec une victoire 3-0 et un nul 0-0 contre le Dinamo Zagreb pour assurer sa présence parmi les 32 participants à la plus grande compétition de clubs en . pour sécuriser l’Europe. Quoi qu’il arrive après cela, la meilleure chose a déjà été faite.

Placé dans le groupe D accompagné de l’Inter Milan, du Real Madrid et du Shakhtar Donetsk, le shérif Tiraspol va acheter de belles affiches. De plus, la première affiche contre les Ukrainiens est assez singulière d’un point de vue diplomatique. Le Shakhtar, banni de Donetsk, est originaire de la région du Donbass, qui est partagée par l’Ukraine et les séparatistes pro-russes. Dans ce cas particulier, nous sommes dans un conflit armé qui a fait 13 000 morts. La Transnistrie a certainement eu son conflit avec la Moldavie en 1992 lors de la guerre du Dniestr au cours de laquelle environ 3 500 personnes ont perdu la vie. Avec la victoire de la Transnistrie, qui a conservé son indépendance vis-à-vis de la Moldavie, la situation s’est apaisée, mais la région reste un lieu de tension.

Ce match entre le Shakhtar Donetsk et le shérif Tiraspol sera donc assez symbolique des mouvements indépendantistes provoqués par l’effondrement de l’URSS en 1991. Le shérif Tiraspol ne voudra pas être une victime expiatoire en attendant et pour cela le club aura sa base sur son melting-pot de talents. Avec un budget bien plus important (ce qui lui donne aussi des structures solides) que n’importe quel autre club moldave, le shérif Tiraspol a fait jouer des joueurs d’horizons différents. Sur 3 brésiliens, 2 maliens, 2 grecs, 2 colombiens, 1 serbe, 1 péruvien, 1 bosniaque, 1 trinidadien, 1 malawite, 1 macédonien, 1 ghanéen, 1 nigérian, 1 luxembourgeois, 1 ivoirien, 1 ouzbek, 1 ukrainien, 1 Guinéen et 1 Slovène. Soit pas moins de 19 nationalités différentes dans l’effectif pour 76,7% des acteurs étrangers de l’effectif.

Un mélange culturel qui a donné un savoureux mélange sur le terrain et qui doit maintenant être mis en pratique sur le terrain. Le gardien Georgios Athanasiadis s’est montré enthousiasmé par les terrains du club peu après le tirage au sort de la phase de groupes : « Dans notre groupe, les équipes sont très fortes et ce sera difficile de jouer contre elles. Même si j’ai aimé le tirage au sort car nous appartenons à de très grandes équipes. Cela nous motivera à faire de notre mieux et à nous battre à chaque match pour un résultat positif.

L’ancien joueur du FC Metz Adama Traoré a été le créateur d’un doublé lors du match aller contre le Dinamo Zagreb. A son arrivée au club en février dernier, le Malien a également fait état d’un groupe uni autour d’un même objectif : « L’ambiance est excellente, tout est positif. Nous croyons que nous pouvons faire beaucoup. Nous avons une bonne équipe et sommes motivés comme jamais auparavant. » Pour réaliser son rêve, le shérif Tiraspol profitera pleinement de ces moments et ce mercredi à 18h55, la musique de la Ligue des champions s’unira dans la Bolshaya Sportivnaya Arena. faire une impression particulière.

Ref: https://www.footmercato.net