l’essentiel
La Nouvelle-Zélande, souvent vantée pour ses “qualités techniques” et ses “individualités”, est avant tout une équipe “très bien préparée” qui “ne laisse rien au hasard”, a déclaré Christophe Urios, sélectionneur de Bordeaux-Bègles, dans un entretien devant le Duel entre les deux France et les All Blacks samedi. Le technicien évoque sa “passion” pour la sélection néo-zélandaise à l’occasion de la parution de son dernier livre “Une saison en enfer”, co-écrit avec Frédéric Rey-Millet (éditions Eyrolles) et paru jeudi.

Christophe Urios, vous n’arrêtez pas de citer le mantra néo-zélandais “Being better never stop”. Quand vous êtes-vous intéressé aux noirs ?

Vous me fascinez ! Quand j’étais à Castres, il y avait Frank Bunce (1997-1998), un impressionnant centre néo-zélandais. Mais il est arrivé blessé et a à peine joué. J’ai eu pitié de lui et j’ai découvert un homme avec une grande expérience et une assez bonne connaissance du rugby néo-zélandais. Il m’a dit un jour : « La différence entre un Français et un Néo-Zélandais, c’est qu’un Français doit s’amuser la semaine et travailler le week-end. Le Néo-Zélandais travaille pour lui. La semaine pour s’amuser le week-end. “Il avait raison. A partir de ce moment-là, je suis tombé amoureux de ces gars. J’ai beaucoup lu sur ce qu’ils font, j’ai joué avec Gary Whetton (1992-1994 à Castres) et j’ai entraîné des Néo-Zélandais. Ils étaient toujours un peu différents. Je comme leur approche du rugby. Ce sont les meilleurs joueurs du monde !

On pourrait penser que le rugby néo-zélandais est avant tout un rugby avec de l’individualité, de l’enthousiasme, des qualités techniques et même une génétique individuelle. Je dis juste qu’ils sont sont très bien préparés. Ils ne laissent rien au hasard, à commencer par leur état d’esprit et le haka, cette façon de penser les ancêtres. Dans la démarche c’est fondamental. Ils ont un code de conduite très clair : Vous pouvez faire sans les meilleurs joueurs s’ils ne sont pas dans le je pense que les français n’ont pas fait un bon match contre la Géorgie (dimanche) car ils préparaient déjà le match avec les noirs t facile de jouer à un jeu comme ça. Mais j’ai rarement vu les noirs autant secouer que ce week-end en Irlande (défaite 29-20) ! Ils étaient vraiment sous pression. Ont-ils les ressources physiques et mentales sachant qu’ils courent depuis fin août ? Sont-ils usés ? Les Français pourront-ils leur faire pression pendant 80 minutes ? Je ne sais pas. Mais ce sera intéressant car ce sera un super test face à un concurrent. J’ai hâte de le voir.

Votre ouvreur à Bordeaux-Bègles, Matthieu Jalibert, commence désormais par les bleus. Quelle est sa principale qualité ?

Vous n’avez pas besoin de moi pour savoir qu’il a du talent. C’est aussi quelqu’un de fier, quelqu’un qui met la barre haute mais qui sait aussi comment y arriver. Il n’est pas content de dire qu’il joue pour Bordeaux-Bègles et l’équipe de France. Il veut être le meilleur joueur de l’UBB, le meilleur de l’équipe de France à son poste.

Il est logique qu’il l’ait fait au détriment de Romain Ntamack, qui s’est repositionné avec les Bleus au milieu ?

Je ne dis pas que l’un est meilleur que l’autre. (La direction) essaie de fonder une association, car ce sont deux énormes talents. Matthieu était toujours le bon remplaçant, mais aujourd’hui, puisqu’il peut échanger des matchs avec nous à l’UBB, le staff (des Bleus) a compris qu’il avait affaire à un gars un peu hors norme, comme Ntamack et Toto aussi. (Antoine) Dupont. Cette nouvelle génération est fantastique.

C’est vraiment une décision tactique. Vous recherchez deux joueurs capables de gérer le jeu de l’équipe de France, ainsi que des passes de haute qualité des deux côtés, d’excellents coups de pied et un jeu fluide. A l’inverse, l’impact physique sur le bénéfice peut être absent. Je n’ai jamais utilisé ce type d’association auparavant. Je n’aime pas ça, mais c’est pour ça que ça ne marchera pas.

Jalibert et Ntamak ont ​​d’énormes qualités de n°10… Que l’on se positionne l’un ou l’autre sur la position d’ouverture, pas de problème, mais ça on ne les associe pas, car ni l’un ni l’autre n’a la stature et la force d’un centre international…

@ilfebo c’était bien sûr une blague pour Urios que Jalibert est un bon que beaucoup nous envient non problème ….

Ref: https://www.ladepeche.fr