Tops/Flops Racing-Saracens : le mental des Franciliens, le faux rythme des Anglais

Par
Arnaud Coudry

Mis à jour le 26/09/2020 à 18h34 –
Publié le 26/09/2020 à 17h50

Après la victoire des Franciliens sur les Anglais (19-15) en demi-finale de la Champions Cup, découvrez ce qui a retenu l’attention de notre envoyé spécial à l’Arena.

Le Racing a vaincu sa bête noireJusque-là, les Saracens avaient éliminé le Racing 92 deux fois en matches éliminatoires de Coupe d’Europe. Il y avait d’abord eu ce quart de finale perdu au bout du temps additionnel à Colombes en 2015, sur une pénalité de Marcelo Bosch. Puis cette finale perdue en 2016 à Lyon, avec un Dan Carter diminué. La troisième fois a été la bonne pour le club des Hauts-de-Seine. Au terme d’un match cadenassé, dur et âpre, les Franciliens ont su courber l’échine sans jamais rompre. Faire tomber les Saracens, titrés trois fois lors des quatre dernières éditions, est une performance énorme. Surtout quand on se souvient comment ils avaient broyé le Leinster en quarts de finale ces derniers jours.

La persévérance des Ciel et BlancY croire jusqu’au bout. Ne jamais abandonner. Les Racingmen ont longtemps été sans solution face aux «Sarries» redoutables en défense. Mais, alors que l’affaire semblait mal embarquée, ils ont trouvé la faille grâce à un coup de génie de leur ouvreur Finn Russell, auteur d’un parfait coup de pied par-dessus la défense pour Virimi Vakatawa, qui a su résister aux retours des Anglais avant de transmettre à Juan Imhoff. Cette solution du «petit par-dessus» n’a pas été utilisé trop tôt dans le match, a révélé le manager Laurent Travers, pour ne pas se dévoiler. Ça a fait mouche au meilleur moment. «Les grands joueurs répondent toujours présents dans les grands matches», a salué Laurent Travers après le match.

Alex Goode, presque parfaitRemplaçant au pied levé d’Owen Farrell, suspendu pour un plaquage plus que dangereux contre les Wasps, Alex Goode, habituel arrière, a livré un match de très haut niveau contre le Racing. Précieux dans son jeu au pied et dans ses choix balle en main, le numéro 10 des Saracens a appliqué à la lettre le plan de jeu – certes restrictif – de son équipe. Même si, au final, on retiendra le coup de génie de son vis-à-vis Finn Russell qui a fait basculer cette demi-finale. Alex Goode ne pourra pas fêter un nouveau sacre avec les Saracens. L’an dernier, après le titre continental, il avait passé deux jours, avec sa tenue de rugbyman, à boire des bières. Pas de folle célébration cette année…

Teddy Thomas, défense à revoirCe n’est pas la première fois qu’on lui fait ce reproche. C’est même un problème récurrent. Teddy Thomas, tellement brillant et dangereux balle en mains, a régulièrement des soucis en défense. Samedi, comme il fallait s’y attendre, les Saracens l’ont testé sur les ballons hauts. Par trois fois, il a été mis en difficulté (deux fois dans les airs, une fois dans un ruck). Pour sa défense, il a asséné un solide plaquage à un Saracens. En deuxième mi-temps, il a été moins à la peine. S’il a connu quelques problèmes défensifs, l’ailier international a néanmoins été précieux sur le flanc de l’attaque, avec plusieurs relances dangereuses. 

Le faux rythme des SaracensIls ne sont pas réputés pour leur jeu flamboyant. Et ils s’en fichent. Au contraire, les Saracens étouffent leurs adversaires, se nourrissent de leurs fautes. Ils n’hésitent pas non plus à casser le rythme de la partie, comme ce fut notamment le cas en première période. A l’Arena de Nanterre, cette demi-finale a parfois été ennuyeuse à cause du plan de jeu des Anglais. Mais le Racing a su, in extremis, briser cette défense de fer avec une action de classe. Le mur a cédé. 

Une Arena qui a sonné creuxVendredi soir, ils étaient 5.000 personnes à avoir fait le déplacement à Paris La Défense Arena pour la réunion de boxe qui s’est terminée par la victoire de Tony Yoka. Samedi, 12 heures après, ils n’étaient que 1.000 à pouvoir assister cette demi-finale, en raison du renforcement des contraintes sanitaires. Forcément, l’ambiance était étrange. Les tribunes quasiment vides pour ce choc au sommet. Les animations, les lumières, la musique ont permis, tant bien que mal, de faire illusion. Mais le rendez-vous était pour le moins étrange. Comme la situation sanitaire actuelle. 

Source: https://sport24.lefigaro.fr/rugby/coupes-d-europe2/actualites/tops-flops-racing-saracens-le-mental-des-franciliens-le-faux-rythme-des-anglais-1015742

Racing Saracens,Racing 92,Saracens,rugby

JA News – FR – Tops/Flops Racing-Saracens : le mental des Franciliens, le faux rythme des Anglais