Le Festival de Cannes est une messe annuelle du monde du cinéma qui se déroule en France pendant 12 jours. Il a commencé le 6 juillet et se termine le 17 du même mois. Cette belle cérémonie récompense les meilleurs acteurs du cinéma. Et pour cette année elle connaît la participation d’un film signé par l’un des réalisateurs talentueux du continent africain, le Tchadien Mahamat-Saleh Haroun.

“Lingui, les liens sacrés” : un film qui brise les tabous

L’Afrique est connue comme le continent où l’emprise de la tradition et de la religion sur la société est très forte. Donc, essayer de s’attaquer à un problème social que certains considèrent comme une tradition plutôt qu’un problème peut être dangereux.

Le danger, Mahamet-Saleh Haroun adore ça. Ce courageux cinéaste africain a récemment réalisé un film qui traite non pas d’un, mais de deux grands sujets tabous liés à la société de son pays, le Tchad, mais aussi celle de la plupart des pays du continent. Ce sont l’avortement et l’excision. Le film s’intitule “Lingui, les bandes sacrées”.

Tourné dans les rues de la capitale tchadienne de N’Djamena, le film raconte l’histoire d’Amina, une mère célibataire qui découvre que sa fille de 15 ans, Maria, est enceinte. Mais le plus dur, c’est que cette grossesse que porte Maria est le résultat d’un viol, que l’adolescente ne veut pas garder. Dans un pays où l’avortement est considéré comme un crime par la religion et par la loi, la mère et sa fille enceinte se retrouvent bientôt dans une histoire très compliquée.


Le film dresse le portrait de deux femmes seules, marginalisées et surveillées, essayant de survivre dans un environnement hostile où patriarcat et religion dirigent le quotidien de chacun. Seule lueur d’espoir, le « lingui », lien d’enfant qu’ils vont tisser entre eux pour tenter de s’en sortir.

Mahamat-Saleh Haroun, un cinéaste qui bouscule les règles ?

Mahamat-Saleh est un cinéaste progressiste et réformiste. En réalisant « Lingui, les liens sacrés », il montre qu’il fait partie de ceux qui veulent voir certaines choses changer en Afrique. La sortie de ce film a fait couler beaucoup d’encre et de salive au Tchad. Pour certains, il permettra à leurs compatriotes de porter un regard neuf sur l’avortement et l’excision. En revanche, pour les autres, notamment les « gardiens de la tradition et de la religion », le film est un scandale, une insulte à la coutume et à Allah qu’il ne faut en aucun cas encourager.

Dans la course à la Palme d’or au Festival de Cannes 2021, l’Afrique espère que cette nouvelle réalisation du cinéaste Mahamat Saleh Haroun sera sacrée. En attendant, toutes les organisations de défense des droits des femmes tchadiennes félicitent la cinéaste pour cette belle initiative.

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