Coupe d’Europe : horloge pas parlante pour clore la finale entre le Racing 92 et Exeter – Rugby – CE – Finale

Pendant de longues secondes, le stade de Bristol, déjà presque vide, s’est figé dans le silence. D’un côté de la pelouse, les joueurs d’Exeter attendaient la libération. De l’autre, ceux du Racing, menés de quatre points, espéraient un dernier ballon pour passer devant les Anglais au score. Et tout ce beau monde avait les yeux rivés sur Nigel Owens, qui avait lui un doigt sur son oreillette pour mieux entendre son arbitre-vidéo.

Entre le Gallois et l’homme en cabine, on discutait chiffres : le temps réglementaire était-il écoulé, ou fallait-il encore taper un renvoi ? Une question d’apparence simple, mais en réalité compliquée. Car le contrôle du chrono a échappé au corps arbitral dans la dernière minute.

Tout est parti d’une pénalité sifflée en faveur d’Exeter, dans le camp français, à 79’1”. Les Anglais mènent alors d’un point, et cette décision les rapproche un peu plus de la Coupe d’Europe. Reste à bien gérer ces 59” restantes, avec comme enjeu d’atteindre les 80’0” sans que le Racing ne bénéficie d’une ultime possession. Pour cela, deux options : aller en touche, conquérir le ballon, faire défiler le chrono jusqu’à 80’0” et retaper en touche ; ou tenter le but en s’arrangeant pour que celui-ci passe alors que le chrono est dans le rouge, ce qui mettrait automatiquement fin au match.

Les Chiefs traînent pour faire leur choix. Trente-trois secondes s’écoulent avant que Nigel Owens, sentant la manoeuvre anglaise, demande brusquement à ses assistants : « Stop the clock ! Â» ( Â« Arrêtez le chrono ! Â»). Mais le chrono file de 79’32” à 79’37” avant de suivre l’ordre de l’arbitre. Se rendant compte du problème, Owens demande de ramener l’horloge 5 secondes en arrière. Mais cela semble techniquement impossible.

Comment rattraper ce temps potentiellement décisif ? Owens a une idée. Après avoir demandé leur choix aux Anglais, il attend que Joe Simmonds pose son tee pour déclencher à voix haute un décompte cinq secondes au bout duquel il demande au préposé au temps de redémarrer le chrono. Après ça, ce dernier est censé être à l’heure, désormais. Mais il ne redémarre pas. Après avoir eu de l’avance, le voilà qui prend du retard. Durant vingt-quatre secondes au moins, 79’37” continue de s’afficher.

Quand l’horloge redémarre enfin, Joe Simmonds n’a pas encore buté. Son ballon passe entre les perches à 79’52”. Si l’on se fie à cet affichage, le renvoi doit se jouer, et le Racing peut rêver d’un retournement de situation en cas de récupération. Mais Nigel Owens sait que quelque chose a cloché. Il convoque les capitaines au centre du terrain et leur indique qu’il va demander à l’arbitre vidéo de « checker Â» la situation.

« Quand le ballon passe, le temps est-il écoulé ? Â», demande-t-il dans son micro. La réponse qui lui est donnée, et que l’on n’entend pas, semble confuse. « Donc ce n’est pas fini ? Â», interroge-t-il. Puis quelques secondes plus tard, nouvelle conclusion : « Donc le temps est écoulé ? Â» Cette fois, il a compris. Et la décision est juste. Après vérification, au moins 30 secondes se sont écoulées entre le moment où Nigel Owens a demandé à redémarrer le chrono (79’37”) et celui où la pénalité de Joe Simmonds est passée entre les barres.

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